Jeudi 10 septembre 2009
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Face au manque de recettes de l’assurance maladie, une nouvelle restriction des dépenses de santé est à l’ordre du jour. FO rappelle que «les comptes de l’assurance maladie sont mis à mal par la
crise et non par les malades»
Le récent «cafouillage» gouvernemental est en fait la répétition d’un scénario usé jusqu’à la corde. On livre à la presse des chiffres à donner le tournis pour mieux préparer l’opinion à avaler
ensuite des mesures inacceptables. Cette fois, le coup est parti du Journal du Dimanche (JDD). «Pour freiner le dérapage de l'assurance-maladie, le gouvernement planche sur une hausse historique
de 25% du forfait hospitalier et un déremboursement de médicaments» dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2010, a rapporté ce week-end le JDD, avant d’ajouter
que, selon la une note de Bercy, le déficit de l'ensemble des branches (retraite, famille, maladie et accidents du travail) pourrait atteindre 30 milliards d'euros en 2010, après 20 milliards en
2009. C’est sur la foi de ces chiffres que le forfait hospitalier – ce qui est acquitté par les patients pour chaque jour d’hôpital – pourrait passer de 16 à 20 euros tandis que le barème de
remboursement de certains médicaments (paracétamol, aspirine…) baisserait de 35% à 15%.
Dans un premier temps, le gouvernement confirme et assume. «Ce qu'il faut, c'est le rapporter à son prix final, nous étions à 16 euros, nous passons à 20 euros ou quelque chose comme ça», a
déclaré le ministre du Travail, M. Darcos «Évidemment, cela peut paraître une somme importante, mais pour tenir l'objectif de dépenses de santé, on est obligé de faire cet ajustement», a
poursuivi le ministre selon qui cela est «relativement une somme modeste par jour pour être accueilli dans un établissement».
Devant la levée de bouclier des syndicats, le gouvernement a feint ensuite de faire retomber le soufflet, notamment par la voix de son porte-parole, M. Chatel, qui a affirmé qu'il ne s'agissait
là que d'une «piste de travail» et non d’un arbitrage définitif. Reste que la «piste» est sérieuse, a signifié depuis M. Woerth. Se gardant de donner cette fois un chiffre précis, il a déclaré
qu'on pouvait «aller un peu plus loin» que les 16 euros actuels et qu'un euro d'augmentation qui «ne concerne pas évidemment le prix des soins» faisait entrer 80 millions d'euros dans les caisses
de la Sécu alors que le déficit de la branche Maladie doit s’élever à 9 milliards d'euros en 2009. D’aucuns tablent désormais sur une hausse à 18 et pas 20 euros sans échapper à de nouveaux
déremboursements. Quitte à marginaliser un peu plus les 8% d’assurés sociaux sans complémentaires santé. Lesquelles mutuelles ne remboursent d’ailleurs pas toutes le forfait hospitalier.
FO a annoncé qu’elle «s’opposera fermement» à toute mesure de hausse du forfait hospitalier et de baisse de remboursement des médicaments.. «Les comptes de l’assurance maladie sont mis à mal par
la crise et non par les malades. Les dépenses n’ont pas dérapé au regard d’objectifs pourtant déjà très restrictifs. Pourquoi s’en prendre aux plus faibles quand on voit bien que les responsables
de la crise, traders, banquiers et spéculateurs, après avoir reçu des aides massives, recommencent leurs pratiques antérieures?», s’interroge la confédération qui rappelle, «par ailleurs, que
l’État ne compense pas intégralement les exonérations de cotisations sociales, ce qui coûte 2 milliards d’euros chaque année à la Sécurité sociale».
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