Partager l'article ! STOP au "système DREUX" : il y a 1 an déjà, notre camarade Cyril Lazaro était visionnaire...: Il avait été interviewé et l ...
FO Disney
Bâtiment Mary Poppins (face à Key Control)
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Fred RINCON-ARRIETA
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FO au Comité d'Entreprise :
Le Représentant Syndical : Nzale BOLA-BOTEMA
Les Elus : Eufrasia GARCIA-MONTEIRO ; Guy-Bruno MBOE ; Hervey SAUMADE
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Le Représentant Syndical : David CHARPENTIER
FO aux commissions Maintien Emploi + Suivi des Accords :
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Hotel New-Port-Bay-Club :
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Il avait été interviewé et l'avait dit : "il faut en finir avec le système Dreux", vice-Pésident des relations sociales et des ressources humaines.
A lire ci-dessous :
Dimanche 15 février 2009
FO Disney : Bonjour Cyril. Tu as désiré t'exprimer sous forme d'interview
alors que tu es délégué syndical FO Disney. Peux tu nous expliquer en préambule ce choix.
Cyril Lazaro : Nous sommes dans une période qui évolue très vite et où l'imagination et la créativité me paraissent être les rares réponses que nous pouvons apporter pour trouver
des solutions innovantes. Les vieux schémas ont vécu, les tracts ne sont plus lus et les affichages privilégient l'aspect percutant aux problèmes de fond. L'interview peut encore susciter un
intérêt pour porter des messages et de toute façon la clef de toute action, qu'elle soit syndicale ou politique passe par la communication.
FO Disney : Tu es en charge du blog FO Disney. Est-ce que cela a changé quelque chose dans les rapports avec l'employeur.
Cyril Lazaro : Assurément. Le choix de s'exprimer sur internet permet de donner une visibilité sur l'action que nous menons au sein de l'entreprise et d'interpeler des tiers. La
Direction nous offrait la possibilité de communiquer via intranet, mais la communication se limitait à l'entreprise et aux salariés qui avaient un ordinateur sur leur lieu de travail. Encore
fallait-il qu'ils consultent en cachette. Internet leur permet de consulter de chez eux s'ils le désirent et de se forger une opinion.
FO Disney : Tu as à de nombreuses reprises critiqué la politique de Disneyland Paris dans le cadre des relations sociales. Peux tu nous en dire
plus?
Cyril Lazaro : Effectivement. L'âge d'or des relations sociales a eu lieu sous Bernard Schmitt. C'est la période qui a dessiné les avancées dont bénéficient aujourd'hui les
salariés. Maintien du treizième mois, prime d'ancienneté par exemple. Cela a eu un coût certain pour l'entreprise mais a permis de sauvegarder la cohésion et la cohérence de notre mode atypique
de fonctionnement : un Parc de Loisirs ouvert toute l'année.
FO Disney : Peux tu préciser ta pensée?
Cyril Lazaro : L'évolution des salariés dans notre entreprise est enfermée dans une convention collective conçue à la base pour des activités saisonnières. Le défi était
d'adapter notre différence à un texte qui ne nous correspondait qu'imparfaitement. L'évolution étant donc limitée pour les salariés de notre entreprise puisque peu existante au sein de la
convention collective de branche, il nous fallait répondre à la problématique des anciens salariés qui gagnaient autant que les nouveaux arrivés. De plus, le passage aux 35 heures et les
augmentations successives du SMIC nous avaient conduit à une situation où les salaires de base se rapprochaient dangereusement de celui des salariés ayant 10 ans d'ancienneté.
La marge n'était pas représentative du savoir faire des anciens, et l'augmentation du coût de la vie dans le secteur de Marne la Vallée, notamment en termes de loyers, rendait la situation des
salariés aux plus faibles revenus extrêmement précaire. Comme vous pouvez le noter, beaucoup de problèmes majeurs dans ces quelques phases.
La prime d'ancienneté vécue par l'entreprise comme une perte sèche est, il me semble, aujourd'hui reconnue comme un des rares facteurs d'ajustement entre les salaires des anciens et des nouveaux.
Comme quoi un accord qui apparaissait en son temps comme perdant gagnant pour la Direction de l'entreprise, était finalement un accord gagnant gagnant.
Les problèmes évoqués ci dessus redevenant d'actualité, j'en profite pour rappeler que FO Disney est favorable pour l'ouverture d'un nouveau chantier de négociation sur les classifications au
sein de l'entreprise et pour permettre de créer de nouveaux coefficients qui permettront aux anciens salariés de voir leur savoir faire reconnu et de redonner l'espoir aux jeunes et aux anciens
de pouvoir évoluer.
FO Disney : Comment vois-tu les relations sociales aujourd'hui à Disneyland Paris?
Cyril Lazaro : Nous sommes passés d'un mode gagnant gagnant à un mode donnant donnant.
FO Disney : Quelle est la différence?
Cyril Lazaro : Dans le mode gagnant gagnant, les organisations syndicales obtiennent une avancée pour les salariés, et l'entreprise obtient une avancée qui va dans le sens de ses
intérêts. Aujourd'hui, le mode de fonctionnement est je te donne et tu me donnes, ce qui signifie que la Direction donne quelque chose aux organisations syndicales qui lui donnent en retour un
blanc seing. Dans le donnant donnant, les salariés sont absents et leurs intérêts ne sont plus défendus.
FO Disney : Penses tu au Comité d'entreprise par exemple?
Cyril Lazaro : Il y a ce que l'on pense et ce que l'on dit. Dans ce cas précis, je préfère ne rien dire, les salariés sont assez grands pour se faire leur opinion.
FO Disney : Tu désirais évoquer l'après Daniel Dreux. N'y a t il pas de la provocation dans cette façon d'aborder le sujet?
Cyril Lazaro : Pas du tout. La gestion d'une entreprise se passe par vagues successives et la visibilité se situe au mieux à moyen terme. Pour les relations sociales, c'est la
même chose. Les orientations stratégiques d'hier ne seront pas obligatoirement celles de demain. Il y a une usure du temps et des systèmes mis en place. Je pense sincèrement que Daniel Dreux a
rempli sa mission par une gestion très rigoureuse au niveau des Relations sociales et des Ressources humaines, mais il me semble nécessaire de passer à autre chose. La situation actuelle
nécessite une plus grande flexibilité dans les rapports entre la Direction et les organisations syndicales. Daniel Dreux fait preuve d'une rigidité qui ne correspond plus aux besoins actuels, à
mon sens. Cela n'enlève rien au travail accompli, mais nous sommes une Entreprise qui change régulièrement de PDG par exemple, sans que cela ne nuise à son fonctionnement. Je ne vois pas
pourquoi il n'en serait pas de même au niveau des Ressources Humaines.
Il y a aujourd'hui une urgence à réformer les Relations sociales dans notre entreprise et surtout d'abandonner le donnant donnant qui conduit la Société à une collusion entre la Direction et les
organisations syndicales dont les salariés payent le prix. Ce système ayant été mis en place ou plutôt repris par Daniel Dreux, il n'est pas le mieux placé pour le réformer, c'est pourquoi je
crois fermement à la nécessité d'un changement.
FO Disney : Ne trouves tu pas qu'en lançant une telle analyse tu outrepasses tes fonctions de délégué syndical?
Cyril Lazaro : Absolument pas. Nous sommes ici pour se dire les choses et avoir un dialogue franc et sincère dans l'intérêt des salariés et de l'entreprise. Si nous qui sommes
les représentants du personnel ne le disons pas, qui le dira?
FO Disney : As tu conscience des répercussions d'un tel changement au sein de l'entreprise?
Cyril Lazaro : Absolument. Je sais également que la tâche est immense qui consiste à assainir le dialogue social. La Direction de Disneyland Paris a, ces dernières années,
préfèré privilégier le dialogue avec certaines organisations syndicales, ce qui était son choix. Elle ne peut plus ignorer qu'aujourd'hui, la donne a changé. Les besoins aussi ont changé. Les
salariés n'en peuvent plus et les programmes d'optimisation du temps de travail mis en place et approuvés par les organisations syndicales courtisées ont conduit à des surcharges de travail qui
deviennent dangereuses pour la santé des salariés. La masse salariale continue de vieillir et il va bien falloir traiter cette problématique. La Direction laisse courir et laisse les jeunes
pousser les anciens dehors. Ce n'est pas acceptable. Je sais bien que ne pas gérer, c'est une façon de gérer, mais soyons un petit peu plus intelligent et essayons de trouver des solutions
ensemble.
FO Disney : Daniel Dreux a écrit récemment que toute possibilité de dialogue avec FO Disney était terminée. En mettant en copie les Directeurs
et les Chargés de Ressources Humaines, il appelait implicitement à ce qu'ils en fassent autant. Qu'en penses tu?
Cyril Lazaro : C'est en ce sens que j'ai dit que Daniel Dreux était trop rigide pour la situation présente. S'enflammer parce qu'une organisation syndicale a communiqué avec
l'AFP n'a pas de sens. Cela fait des années que cela aurait dû être fait régulièrement. Encore la théorie du donnant donnant. Tu ne me donnes pas ce que je veux, je ne te donnes pas ce que tu
veux. Il sait pertinemment que FO Disney désire dialoguer avant tout, et en agissant de la sorte, il a voulu nous punir. Il serait bon de lui rappeler que sa fonction l'oblige à dialoguer avec
toutes les organisations syndicales et normalement de retenir ce qui peut être bon pour l'entreprise et les salariés. Son courrier m'a confirmé dans l'idée qu'il est urgent de tourner la page sur
des relations adulte/enfant pour passer à des relations adulte/adulte.
FO Disney : Penses tu que cela ait une influence sur l'accord demandé pour les personnages de Disneyland Paris.
Cyril Lazaro : Je ne le souhaite pas. Essuyer un refus de principe sur un sujet aussi grave relèverait de la faute inexcusable de l'employeur. Heureusement nous n'en sommes pas
encore là et j'ai toujours confiance dans l'avenir : le bon sens finit toujours par l'emporter.
FO Disney : Comment vois tu l'avenir de FO Disney?
Cyril Lazaro : Nous devenons aujourd'hui de plus en plus incontournables dans l'entreprise. Il nous faut travailler à asseoir notre position sur le plan départemental et national
avec en point de mire la branche afin de peser sur ces négociations qui se répercutent directement sur notre entreprise.
L'autre axe prioritaire est la formation de nos élus et de nos représentants. Un nouveau paysage syndical est en cours de création avec des jeunes qui vivent à FO Disney leur première expérience
syndicale et des salariés plus agés qui ont pris conscience de la nécessité de défendre leurs droits. Cela est très prometteur pour l'avenir, mais nous avons la responsabilité de leur montrer
l'exemple.
FO Disney : Merci pour cet entretien. As tu quelque chose à ajouter?
Cyril Lazaro : Non, il me semble avoir dit l'essentiel, et il sera toujours temps de compléter ces propos. Merci à toute l'équipe et j'espère avoir ouvert la voie à une nouvelle
approche syndicale, et que très vite un autre camarade s'essayera à ce type d'exercice.
Par Cyril LAZARO
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